samedi 10 juin 2017

Raso de Portillo !

Après cette matinée pluvieuse, qui avait vu deux novillos seulement, Patrullito et Quitapenas, vendre très chèrement leur peau, on comprenait enfin pourquoi à la fois Vic-Fezensac et Céret avaient commandé du Raso de Portillo pour la saison 2017.
Il faut dire que l'an dernier, il y avait eu une très bonne sortie de l'élevage, à Hagetmau, ainsi qu'un novillo isolé à Parentis lors d'une course de Los Maños.
Parentis-en-Born où, en 2007 et 2008, la ganadería de Raso de Portillo se révéla en France, et connut deux sorties tonitruantes. Deux coups de tonnerre.
Je me souviens m'être rendu dans cet élevage, après ces deux sorties parentissoises, avec un ami de Bayonne. Le Raso de Portillo, situé près du village de Boecillo, est à peine à 15 kilomètres au Sud de Valladolid. Une forêt de pins, et la fierté de deux frères, José María et Iñigo Gamazo, de nous montrer leur élevage et tout leur troupeau, leurs toros de combat. À cheval, Titi Agudo était déjà le mayoral.
Un élevage atypique, car il y a toujours eu des toros sur ces terres de Boecillo depuis le XIIIème siècle, désormais entourées de zones pavillonnaires en briques.
Deux arènes de tientas, une ancienne et une neuve, et des toros et des vaches partout, dans la plaine ou sous les pins. De superbes toros, dont l'origine autour de l'encaste Santa Coloma est complexe à cerner et à définir.
Depuis, les frères Gamazo, José María et Iñigo, sont décédés à un an d'écart à peine.
Ils auraient été fiers de cette novillada vicoise. Une novillada qui aurait dû voir le combat de quatre novillos de Raso de Portillo. À cause des intempéries et de l'état très délicat de la piste, elle fut interrompue après le deuxième.
Mais quels novillos ! Quelle présence, quelle bravoure, quelle caste !
Patrullito le premier, face auquel Mario Palacios glissa en début de combat et prit peur (on le comprend) pour la suite. Il eut la chance d'être accompagné par une bonne cuadrilla. Au cheval, Patrullito alla trois fois, en poussant avec puissance et grande bravoure à chaque rencontre, bien contenu par Gabin Rehabi. Ensuite, Patrullito offrit des possibilités à la muleta, avec toujours autant de caste. Grande ovation à l'arrastre.
La sortie du deuxième, Quitapenas, que l'on voit à l'image, était un magnifique spectacle. Une allure incroyable pour ce novillo, ce guerrier, qui prit quatre véritables piques dont une fois en envoyant la cavalerie au tapis. C'est le novillero Miguel Ángel Pacheco qui s'y frotta, et fut très volontaire, devant même couper une oreille du fait de ses dispositions dans un tel contexte et après une estocade efficace. Hélas, le trophée ne lui fut pas accordé.
Seulement deux novillos combattus lors de cette matinée d'ouverture de la feria de Vic, mais c'était peut-être la course à ne pas manquer ! Au souvenir de Boecillo, des frères Gamazo, et des premières sorties à Parentis. L'histoire continue. Et comment !

Florent

(Image de David Cordero : Quitapenas de Raso de Portillo)

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